Des tenues républicaines à l’école ? Vraiment ?

Des lycéens et lycéennes portant des jupes pour la journée "ce que soulève la jupe", à Nantes, le 16 mai 2014 (FABRICE ELSNER/20 MINUTES/SIPA / SIPA)

On avait déjà observé que la promesse de Macron de faire de l’égalité femme-homme « la grande cause de son quinquennat » n’allait pas être véritablement exaucée, mais aujourd’hui le
président a démontré des intentions dans un sens toujours plus opposé à cette promesse. Alors qu’hier au Forum Génération Egalité il se revendiquait « féministe », Emmanuel Macron se dit aujourd’hui
hostile au « crop-top » dans les établissements scolaires, au nom du fait que la volonté de choquer n’a pas sa place à l’école.

En réalité, ce sont ces propos qui sont choquants. En aucun cas, cette tenue vestimentaire – laissant apparaître un nombril – ne doit permettre aux garçons, professeurs, à l’administration ou encore aux hommes politiques qui ont l’air de tant aimer s’exprimer sur ce sujet, de tourner les jeunes filles en objets sexuels. Le problème c’est le regard des hommes, pas le nombril des filles. Au lieu d’interdire cette tenue sous couvert de la décence, il faut éduquer.

La FIDL, le syndicat lycéen, se scandalise de tels propos inappropriés, que l’on imaginerait mal à l’égard de jeunes garçons. 10 mois après la sortie de Jean Michel Blanquer sur « les tenues républicaines » à l’école, les jeunes filles ne sont toujours pas tranquilles sur la façon dont elles doivent s’habiller.

Le lycée doit être une période primordiale et fondamentale dans l’éducation et la construction des jeunes et des adultes que vont devenir les lycéens. Nous nous devons alors de leur proposer des espaces d’engagement afin qu’ils puissent s’investir dans leur citoyenneté lycéenne et développer sur leur lieu d’étude des projets et des réflexions autour des rapports entre les femmes et les hommes pour déconstruire les stéréotypes de genre, s’emparer pleinement de la lutte pour l’égalité et enfin faire face aux véritables problèmes du sexisme dans la société.