Aujourd’hui, trop de jeunes sont victimes des dérives de la police au quotidien. Parmi eux, nombreux sont des jeunes de banlieue comme Théo, violé, et Adama, mort dans le cadre d’un contrôle de police. Nous devons nous mobiliser pour faire évoluer les mentalités dans la police et son fonctionnement car il n’est pas normal que nous ayons peur de ceux qui sont censés nous protéger ! Les préjugés de la police envers les jeunes doivent cesser, et encore plus pour les jeunes Français issus de l’immigration.

Nos revendications

Réformer le système d’affectation des policiers

Comme dans l’Éducation Nationale, on constate que souvent les policiers les plus jeunes, donc les moins expérimentés, sont balancés dans les endroits difficiles alors que ces quartiers demandent de l’expérience, pour pouvoir faire correctement son boulot et ne pas péter un câble. Cela augmente le risque d’incompréhensions, de préjugés, de contrôles qui dérapent et d’accidents graves. Nous demandons donc une réforme de ce système d’affectation, afin que les policiers les plus expérimentés ou les mieux notés soient affectés là où on a besoin d’eux.

Instauration du ticket de contrôle

Chaque personne contrôlée doit savoir sur quelle base légale elle est contrôlée, pourquoi et de quoi elle est soupçonnée et quels sont les recours possibles. Nombreux sont les jeunes qui subissent plusieurs contrôles par jour, souvent pour des raisons de contrôle à la « tête du client », voir « pour le fun ». Nous demandons à ce que les policiers soient obligés de délivrer un justificatif après chaque contrôle. Ils devront donc toujours donner un motif pour le contrôle, ce qui peut pacifier les rapports entre la police et la population et limitera en plus les contrôles abusifs. Par ailleurs, dans les pays qui ont instauré les tickets de contrôle, on a observé une diminution du nombre de contrôles mais une augmentation de l’efficacité des contrôles.

Meilleure formation des policiers (déconstruction des préjugés, techniques d’interpellation…)

Les policiers qui sont affectés dans les quartiers sensibles viennent souvent d’autres régions de France, plus rurales. Ils ne connaissent donc absolument pas le fonctionnement des banlieues et ont beaucoup de préjugés vis-à-vis des jeunes de quartier. Beaucoup de policiers sont également mal formés aux techniques d’interpellation ce qui les conduit à blesser les personnes qu’ils interpellent (en outre, des techniques d’interpellation que l’on sait mortelles doivent être urgemment interdites, comme l’ont fait d’autres pays).

Pour aller plus loin !

Les policiers, tous des pourris ?

NON. Tous les policiers ne sont pas des racistes au même titre que tous les jeunes de quartier ne sont pas des racailles. Par ailleurs, la police est l’un des corps de la fonction publique où il y a le plus de diversité. Beaucoup de policiers sont donc eux-mêmes victimes de racisme au quotidien et ont été extrêmement choqués par rapport à ce qui est arrivé à Théo. Donc attention à ne pas faire d’amalgame et de ne pas faire le jeu contre lequel on se bat !

Quel est le rôle de la police selon nous ?

Au-delà de protéger les citoyens au quotidien et garantir la sécurité de tous, elle devrait être en dialogue constant avec la population pour pouvoir mener des actions de prévention et désamorcer les conflits avant qu’ils ne dégénèrent. Elle ne doit pas avoir qu’une fonction de contrôle ou punitive.

Pourquoi doit-on se mobiliser pour demander des changements dans le fonctionnement de la police ? 

La police est une institution de la République. Elle doit donc être irréprochable, d’autant plus qu’elle a pour mission d’appliquer et de faire respecter la loi. Il n’est donc plus possible de dire qu’il s’agit de cas isolés lorsqu’il y a dérive. Les faits violents dans la police sont en hausses.

Pourquoi les caméras piétons sont qu’une « mesurette » qui ne change pas le problème ? 

Pour commencer, les policiers peuvent éteindre et allumer les caméras quand ils le souhaitent. Aujourd’hui, elles servent donc plus à incriminer les personnes qu’ils arrêtent. Ensuite, ce n’est pas avec des caméras qu’on luttera contre les préjugés qu’ont les policiers contre les jeunes, en particulier issus de l’immigration ; ou qu’on favorisera des méthodes d’interpellation qui n’entraînent pas la mort.

Qu’est-ce que la politique du chiffre et pourquoi on est contre ? 

Pour attribuer les primes, les gradés de la police s’appuient sur le nombre de personnes mises en garde à vue, le nombre d’interpellations et le taux d’élucidation. Certains policiers préfèrent donc se concentrer sur des délits mineurs faciles à élucider plutôt que de s’occuper de la grande délinquance qui est vraiment problématique mais plus compliquée à élucider. Et il est plus simple d’arrêter un jeune avec un joint…

Pourquoi doit-on se mobiliser pour demander des changements dans le fonctionnement de la police ? 

La police est une institution de la République. Elle doit donc être irréprochable, d’autant plus qu’elle a pour mission d’appliquer et de faire respecter la loi. Il n’est donc plus possible de dire qu’il s’agit de cas isolés lorsqu’il y a dérive. Les faits violents dans la police sont en hausses.

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