Le 4 octobre 2016, Noimot ressortissante nigériane, ses filles Fatimat et Rukayat, âgées de 17 et 14 ans, et son fils Abdul-Muiz âgé de seulement 3 ans, ont reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Ils ont jusqu’au 4 Novembre pour quitter la France ou ils se feront expulser dans leur pays d’origine. Cette Famille d’origine nigériane, a été obligée de quitter sa terre natale, fuyant un père violent et une société profondément sexiste. Noimot est venue chercher refuge en France pour épargner une excision forcée à sa plus jeune fille Rukayat et pour sauver Fatimat d’un mariage forcé avec un homme qui a actuellement 51 ans !

Ils sont parfaitement intégrés en France depuis 3 ans. Les enfants ont appris le Français, ont tissé des amitiés et sont scolarisées au lycée, au collège et à la maternelle. L’aînée, Fatimat, est actuellement en classe de 1ère, préparant un BAC Littéraire.

Comment la France, pays des droits de l’homme, peut-elle ignorer les souffrances endurées par cette famille ? Et comment peut-elle briser leurs rêves d’une vie meilleure, dans un pays libre et en paix où ils pourraient poursuivre leur scolarité et devenir de parfaits citoyens ?

C’est pour cela que le comité FIDL de Dieppe, sensible à ce genre de situation d’injustice et se mobilise depuis le début du mois d’Octobre. Les autorités doivent annuler la demande d’expulsion et régulariser la situation de la Famille Alausa. Nous sommes persuadés que l’éducation est un droit qui devrait être accordé à tout être humain, peu importe sa nationalité, et que dans cette situation, l’asile aurait dû être accordé depuis longtemps à cette famille.

Depuis que nous avons appris la situation de Fatimat et de sa famille, plusieurs actions de mobilisation contre cette décision de justice et pour soutenir la famille Alausa, ont été menées localement à Dieppe par la FIDL, RESF, la FCPE, la municipalité, et la population locale (enfants, jeunes, adultes et personnes âgées).

Le mardi 18 octobre, lors du Cross du Lycée Jehan Ango, où est scolarisée Fatimat, plus de 200 lycéens ont porté des brassards sur lesquels étaient inscrits des slogans en solidarité avec leur camarade. L’action a été simultanément organisée pour le cross du Collège Georges Braque, par les professeurs de Rukayat.

Le Lendemain, à l’occasion d’une manifestation de soutien à la famille Alausa, ce sont plus de 600 lycéens qui sont descendus dans la rue, pour fouler le pavé et pour crier haut et fort leur mécontentement devant la sous-préfecture de Dieppe. Une délégation de représentants de la FIDL et des lycées de la région dieppoise a été reçue par le cabinet du sous-préfet (celui-ci étant absent) pour exposer leurs revendications.

Le jeudi 27 octobre, une chaîne humaine, symbole de résistance et de solidarité, a réuni une cinquantaine de dieppois, de lycéens, de professeurs et de familles touchées par la situation de la Famille Alausa, et ce malgré les vacances et le temps menaçant. Cette troisième mobilisation  continue de maintenir la pression vis-à-vis des autorités et pour leurs montrer que la FIDL continuera de se mobilisée jusqu’à ce que Fatimat et sa Famille obtiennent gain de cause.

Samedi 29 Octobre, nous organiserons un sit-in qui aura aussi lieu dans d’autres villes de France en signe de solidarité. En attendant une réponse de la préfecture nous demandons à généraliser et amplifier le mouvement. Nos revendications sont le retrait pur et simple de l’OQTF à l’encontre de la Famille Alausa et leur régularisation pour que Fatimat, sa sœur et son frère puissent tous les matins continuer d’emprunter le chemin de l’école…

Cette famille mérite qu’on se batte pour elle ! Elle est intégrée, les enfants scolarisés, ils maîtrisent tous la langue française, ils partagent notre culture, etc… Ils ne demandent qu’un asile et veulent simplement une vie tranquille.

Valentin HEITZLER, Killian GIARD
– Comité de Dieppe –