1) Abaissement de la majorité pénale de 18ans à 16ans (François Fillon et Marine Le Pen)

On ne peut pas juger quelqu’un qui est mineur de la même façon que quelqu’un qui a déjà passé le cap de la majorité. Ce constat a été mis en œuvre à partir de 1945, avec une logique qui fait une large place aux logiques éducatives, bien loin des très criminogènes « maisons de correction » qui prévalaient jusqu’alors. C’est pourquoi le droit français prévoit une « excuse de minorité » pour les mineurs qui divise pour ces derniers les peines de moitié.

En outre, nous sommes là face à une proposition totalement démagogique puisque les juges ont la possibilité de lever l’excuse de minorité pour les jeunes qui ont entre 16 et 18 ans !

Bref, le but de cette proposition n’est pas la lutte contre la délinquance mais une tentative de criminalisation de la jeunesse par l’instrumentalisation du problème de la délinquance.

Quant aux personnes qui s’intéressent réellement à la délinquance des jeunes, elles savent une chose : si on veut lutter efficacement contre ce phénomène, il faut surtout davantage de prévention !

2) La suppression de l’apprentissage des langues d’origine à l’école (Marine Le Pen)

Pour commencer, qu’est-ce que la « langue d’origine » ? Est-ce que cela veut dire qu’on interdira à un jeune dont les parents sont nés en Grande-Bretagne d’apprendre l’anglais ? Pourquoi interdire à des jeunes d’apprendre des langues étrangères alors que c’est un vrai avantage dans le monde actuel ? En réalité, Marine Le Pen cherche à stigmatiser ceux qui voudraient apprendre l’arabe à l’école, soi-disant parce que cela empêcherait leur intégration dans la société mais en réalité pour distiller son habituel racisme anti-arabe. En plus du fait que c’est totalement faux, il vaudra toujours mieux qu’une langue soit apprise à l’école de la République sous le contrôle de l’État plutôt que dans un centre communautaire, comme cela se pratique aujourd’hui, faute de solution proposée par l’Etat.

3) Mettre les filières d’apprentissage sous l’autorité de la région (François Fillon)

Si on fait ça, les régions risquent de ne proposer que les filières en fonction des besoins des entreprises qui existent localement. Déjà, il y aura une vraie inégalité d’accès à des filières différentes en fonction des territoires. En plus, si l’entreprise locale ferme et que les formations ont été conçues pour répondre trop étroitement à un seul métier, les lycéens qui ont été formés pour y travailler se retrouveront au chômage et auront du mal à trouver un emploi.

4) Revenir sur la réforme des rythmes scolaires (Marine Le Pen)

Malgré les problèmes de moyens qui se posent à certaines collectivités locales, cette réforme a permis à plein de jeunes défavorisés d’avoir accès à des activités culturelles et sportives. Il faut l’améliorer et faire en sorte que des moyens équivalents y soient consacrés sur l’ensemble du territoire. Certainement pas la  supprimer !

5) Réarmer la police (Marine Le Pen)

Alors que notre société est secouée après ce qui est arrivé à Adama Traoré cet été et à Théo il y a quelques semaines, Marine Le Pen ne fait qu’attiser les tensions en défendant de facto les violences policières, faisant mine de ne pas voir qu’il y a certains comportements dans la police qu’il faut condamner fermement. Ce n’est pas en attisant les tensions qu’on réglera le problème du manque de confiance entre la police et la population. Il faut remettre du dialogue plutôt que des armes, par exemple avec le retour de la police de proximité. Mais pour Marine Le Pen, il est vrai que la dialogue avec des habitants des quartiers populaires, surtout s’ils sont jeunes et basanés, ne relève pas de son logiciel !