La FIDL prend acte de la présentation ce mercredi des grandes lignes du projet de loi sur le Service National Universel lors du conseil des ministres.

 

Nous déplorons qu’à ce stade, nous ayons été peu consultés pour un projet qui concerne pourtant directement la vie des lycéens.

 

Au-delà, ce projet de Service National Universel laisse songeur : alors que les jeunes aspirent à pouvoir s’émanciper dans une société traversée par de nombreuses innovations, le projet de service national universel paraît passablement vieillot dans son inspiration et problématique sur ce qu’il révèle du fond.

 

Vieillot dans son inspiration car venant poser une contrainte contraire à la notion d’engagement que ce dispositif prétend promouvoir.

 

Problématique sur le fond dans la mesure où ce projet renvoie à l’idée qu’il assurerait un brassage social défaillant. Mais n’est-ce pas précisément le rôle de l’Ecole d’assurer le brassage social ? Plutôt que de proposer des réformes permettant d’assurer davantage de mixité sociale dans les établissements scolaires, le gouvernement a même, avec Parcoursup, créé un dispositif qui renforcera la ségrégation sociale à l’Université.

 

En outre, il est étrange de vouloir intégrer des notions de citoyenneté dans le cadre de ce projet (2 fois 15 jours dans une vie d’adolescent !) alors que l’Education Morale et Civique est en passe d’être rabotée dans le cursus scolaire. Les enseignants ne seraient-ils pas suffisamment compétents pour transmettre les notions essentielles de la citoyenneté ? Si l’engagement doit être favorisé, c’est en se basant sur les enseignants, le monde associatif et les initiatives lycéennes, certainement pas par des projets autoritaires et peu ambitieux qui raviront les nostalgiques d’un service militaire qui était, dans une vision quelque peu fantasmée, réputé permettre à tous les Français de se connaître, quelles que soient leur condition sociale.

 

Enfin, nous nous étonnons que ce dispositif, qui coûterait 1 à 1,5 milliards d’euros par an, puisse disposer des fonds nécessaires alors même que le gouvernement a refusé d’ouvrir des places à l’Université – ce qui aide à la réussite, à l’égalité devant l’éducation et au brassage social – et renvoie donc aux difficultés financières du pays pour refuser d’investir davantage dans l’éducation et plus généralement dans les services publics.

 

La FIDL est disponible pour réfléchir aux solutions pour favoriser l’engagement chez les jeunes, en s’appuyant sur la soif d’engagement de ces derniers et non en exhumant une formule de mise au pas qui, à ce stade, aura reçu le « soutien » de Nicolas Dupont-Aignan, ancien allié du FN, ce qui constitue une précieuse indication sur la perception que renvoie ce projet.

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