[1/2] Une politique sécuritaire qui accentuera les tensions

[1/2] Une politique sécuritaire qui accentuera les tensions

La prison, fantasme de la société française, et surtout du FN

  • Le système des peines planchers, ou l’inhumanité prônée comme valeur

À savoir : la peine plancher, c’est lorsqu’on oblige les juges à donner une peine de prison d’une durée minimale à tous les récidivistes, ils ne peuvent que choisir la durée. Ce système avait été mis en place sous la présidence Sarkozy, en 2007, et supprimé sous Hollande, en 2014.

Le point 17 du programme propose de rétablir les peines planchers. Ce système est profondément injuste car il ignore le principe d’individualisation des peines. Le juge ne peut plus décider de la sanction appropriée (dans le respect de la loi), en prenant en compte la personnalité de l’auteur, la gravité de l’acte commis et les circonstances. La peine plancher, c’est une automatisation de la justice, ce qui la rend inhumaine. Les pays qui ont été les pionniers de ce système (Etats-Unis et Australie) l’ont très sévèrement réformé, ces dernières années, pour plus d’individualisation.

  • Fin des remises de peine automatiques et peine de perpétuité réelle, une idée dangereuse et cruelle

À savoir : la remise de peine, c’est lorsqu’on diminue la peine de prison d’un détenu. C’est le juge d’application des peines qui donne son autorisation en fonction du comportement du détenu en prison. On parle de peine de perpétuité réelle lorsqu’un un accusé est condamné à une peine de prison à vie et qu’aucun juge ne peut diminuer cette peine.

Le point 17 propose aussi la suppression des remises de peine automatique et le point 19 l’application de la perpétuité réelle. Ce serait une erreur énorme car les détenus n’auraient plus aucun intérêt à bien se comporter en prison alors qu’elles sont déjà sous très forte tension et parmi les pires d’Europe d’après Amnesty International.

Par ailleurs, plus un détenu passe de temps en prison, plus ce sera difficile pour lui de se réinsérer dans la société ensuite. La remise de peine permet donc d’accompagner le détenu vers le retour à une vie normale pour éviter qu’il ne récidive. Il faut aussi prendre en compte le fait que nous changeons tous au quotidien. Un jeune qui est condamné à une peine de 5 à 20 ans peut très bien avoir changé à ses 23 ans et sortir de prison sans ne plus représenter un danger pour la société.

Enfin, la peine de perpétuité réelle est en fait d’une fausse proposition. Le droit français prévoit bien une peine de prison à perpétuité incompressible (dans laquelle une possibilité d’aménagement est cependant possible au bout de 30 ans), et elle concerne actuellement trois personnes.

  • Chacun chez soi, et les prisonniers seront bien punis

Le point 21 propose d’expulser automatiquement les criminels et délinquants étrangers vers leur pays d’origine, dans lequel ils purgeront la peine décidée par les juges français pour des faits commis en France (via des accords bilatéraux avec lesdits pays).

Pour commencer, il sera très difficile de trouver un accord avec tous les États. Mais surtout, beaucoup de pays possèdent une culture pénale très éloignée de celle pratiquée en France. Si on inversait le raisonnement, cela voudrait dire qu’une femme française vivant en Iran et condamnée pour adultère serait expulsée en France et subirait la peine prévue par le droit iranien : la mort par lapidation. Sans aller jusqu’à une telle extrémité, si une personne étrangère condamnée en France est expulsée vers son pays, la France acceptera-t-elle que des prisonniers français condamnés à l’étranger soient expulsés vers la France, ce qui inclurait donc potentiellement des personnes condamnées pour terrorisme ?

En réalité, cette proposition vise à stigmatiser les étrangers pour donner l’impression que c’est eux qui sont responsables de la majorité des délits commis en France alors que ce n’est absolument pas le cas. Une fois de plus, au lieu d’attaquer le fond du problème (la criminalité en France et le fait par exemple que beaucoup de peines de prison sont inefficaces pour lutter contre la récidive), Marine Le Pen utilise les étrangers comme boucs-émissaires sans réfléchir à de vraies solutions.

Si le FN désigne les étrangers comme étant les responsables d’actes de délinquance et/ou de criminalité, c’est en parti dû aux attentats. Ils ne cessent de s’appuyer sur l’exemple des délinquants radicalisés en prison, qui selon eux, prospèrent. D’un côté, ils ne voient pas pourquoi l’Etat français devrait payer pour eux, et proposent donc de les renvoyer dans leur pays d’origine. Pas très malin, et surtout ça ne solutionne  rien… Et de l’autre côté, le FN voudrait créer des prisons pour les individus radicalisés. Proposition énoncée également par « Les Républicains. » Créer une sorte de Guantanamo à la française permettrait de désengorger les prisons, et de maintenir les individus radicalisés dans ce type de prison. Une incarcération à vie, qui ne réglera ni le problème de radicalité, ni celui de la délinquance.

  • La peine de mort, vieux serpent de mer frontiste

La peine de mort ne figure pas dans le programme officiel de Marine Le Pen, mais sa position d’avant 2012 a toujours été très claire ainsi que celle de nombreux dirigeants du FN : ils sont pour son rétablissement.

En France, la justice a pour rôle de réparer et protéger. Elle n’est pas là pour servir de vengeance. L’Etat n’a pas à tuer les meurtriers et cela pour plusieurs raisons :

  • Philosophique : la civilisation est fondée sur le tabou du meurtre, que l’Etat doit respecter.
  • Anthropologique : toute personne peut évoluer et n’a pas à être figée dans un acte commis, aussi horrible soit-il.
  • Judiciaire : la peine de mort ne permet pas de revenir sur une erreur judiciaire une fois que la peine a été appliquée, comme le montrent trop d’exemples aux Etats-Unis.

Afin d’adoucir son image, Marine Le Pen propose un référendum sur le sujet si elle était élue présidente de la République. Une façon de rétablir la peine de mort, tout en pensant ne pas devoir assumer personnellement cette position pendant la campagne. Or, il s’agit bien de sa position puisqu’elle a exprimé qu’elle démissionnerait en cas d’échec d’un tel référendum.

  • MLP et le tout-carcéral, solution-miracle pour la France ou un désastre annoncé ?

Plus largement, les propositions de MLP concernant le carcéral révèlent bien un mal français très profond : le culte de la prison (particulièrement représenté dans son point 20 avec la création de 40.000 places de prison supplémentaires). Les peines de prison sont beaucoup plus systématiques chez nous que chez nos voisins européens, ce qui explique la surpopulation des prisons françaises.

Pour le FN, il vaut mieux enfermer un individu qui a commis un acte de délinquance plutôt que de trouver un dispositif plus humain. Le Front se fiche de savoir ce que va devenir cet individu, le parti ne souhaite seulement ne plus avoir à penser à ces individus. De ce fait, en les enfermant, ils ne sont plus visibles. Et ainsi, les chiffres de la délinquance et/ou de la criminalité vont baisser. Et ce sera tout bénéf’ pour le FN…

Cependant, si on regarde ce qui se passe dans d’autres pays européens, on peut se rendre compte que notre politique est sûrement à revoir si on veut diminuer la criminalité. Les Pays-Bas et la Suède ont par exemple décidé de fermer un bon nombre de leurs prisons car elles étaient inutiles. Peut-être le problème des prisons françaises passe-t-il par l’abandon du tout-carcéral pour se tourner vers des solutions alternatives, plus humaines et moins coûteuses ?

#LeGrandDebat : Top 5 des propositions dangereuses pour les jeunes !

#LeGrandDebat : Top 5 des propositions dangereuses pour les jeunes !

1) Abaissement de la majorité pénale de 18ans à 16ans (François Fillon et Marine Le Pen)

On ne peut pas juger quelqu’un qui est mineur de la même façon que quelqu’un qui a déjà passé le cap de la majorité. Ce constat a été mis en œuvre à partir de 1945, avec une logique qui fait une large place aux logiques éducatives, bien loin des très criminogènes « maisons de correction » qui prévalaient jusqu’alors. C’est pourquoi le droit français prévoit une « excuse de minorité » pour les mineurs qui divise pour ces derniers les peines de moitié.

En outre, nous sommes là face à une proposition totalement démagogique puisque les juges ont la possibilité de lever l’excuse de minorité pour les jeunes qui ont entre 16 et 18 ans !

Bref, le but de cette proposition n’est pas la lutte contre la délinquance mais une tentative de criminalisation de la jeunesse par l’instrumentalisation du problème de la délinquance.

Quant aux personnes qui s’intéressent réellement à la délinquance des jeunes, elles savent une chose : si on veut lutter efficacement contre ce phénomène, il faut surtout davantage de prévention !

2) La suppression de l’apprentissage des langues d’origine à l’école (Marine Le Pen)

Pour commencer, qu’est-ce que la « langue d’origine » ? Est-ce que cela veut dire qu’on interdira à un jeune dont les parents sont nés en Grande-Bretagne d’apprendre l’anglais ? Pourquoi interdire à des jeunes d’apprendre des langues étrangères alors que c’est un vrai avantage dans le monde actuel ? En réalité, Marine Le Pen cherche à stigmatiser ceux qui voudraient apprendre l’arabe à l’école, soi-disant parce que cela empêcherait leur intégration dans la société mais en réalité pour distiller son habituel racisme anti-arabe. En plus du fait que c’est totalement faux, il vaudra toujours mieux qu’une langue soit apprise à l’école de la République sous le contrôle de l’État plutôt que dans un centre communautaire, comme cela se pratique aujourd’hui, faute de solution proposée par l’Etat.

3) Mettre les filières d’apprentissage sous l’autorité de la région (François Fillon)

Si on fait ça, les régions risquent de ne proposer que les filières en fonction des besoins des entreprises qui existent localement. Déjà, il y aura une vraie inégalité d’accès à des filières différentes en fonction des territoires. En plus, si l’entreprise locale ferme et que les formations ont été conçues pour répondre trop étroitement à un seul métier, les lycéens qui ont été formés pour y travailler se retrouveront au chômage et auront du mal à trouver un emploi.

4) Revenir sur la réforme des rythmes scolaires (Marine Le Pen)

Malgré les problèmes de moyens qui se posent à certaines collectivités locales, cette réforme a permis à plein de jeunes défavorisés d’avoir accès à des activités culturelles et sportives. Il faut l’améliorer et faire en sorte que des moyens équivalents y soient consacrés sur l’ensemble du territoire. Certainement pas la  supprimer !

5) Réarmer la police (Marine Le Pen)

Alors que notre société est secouée après ce qui est arrivé à Adama Traoré cet été et à Théo il y a quelques semaines, Marine Le Pen ne fait qu’attiser les tensions en défendant de facto les violences policières, faisant mine de ne pas voir qu’il y a certains comportements dans la police qu’il faut condamner fermement. Ce n’est pas en attisant les tensions qu’on réglera le problème du manque de confiance entre la police et la population. Il faut remettre du dialogue plutôt que des armes, par exemple avec le retour de la police de proximité. Mais pour Marine Le Pen, il est vrai que la dialogue avec des habitants des quartiers populaires, surtout s’ils sont jeunes et basanés, ne relève pas de son logiciel !

La FIDL contre la surenchère électoraliste de M. Estrosi

La FIDL contre la surenchère électoraliste de M. Estrosi

Suite au dramatique événement survenu hier au lycée Alexis-de-Tocqueville, à Grasse, la FIDL, le syndicat lycéen, présente ses respects aux dix victimes blessées ainsi qu’à leurs familles. Cet acte d’une extrême gravité est à condamner, et si nous cherchons à comprendre ce qui a poussé le tireur à commettre cette attaque, c’est avant tout pour se prémunir de tels drames à l’avenir.

La FIDL condamne la récupération électoraliste par M. Christian Estrosi de cet événement.

Les mesures de sécurité déjà mises en place sont largement suffisantes : rien n’aurait pu empêcher cet adolescent, manifestement instable psychologiquement, de passer à l’acte une fois qu’il s’était décidé. Encore une fois, la FIDL appelle à investir plus de moyens dans la prévention, notamment dans le suivi psychologique des élèves, dont ce lycéen aurait eu grand besoin.

Argumentaire contre le FN : une vision rétrograde des femmes

Argumentaire contre le FN : une vision rétrograde des femmes

Sur les 144 propositions du programme du Front National, seul un point (le numéro 9) est consacré à la question de la défense du droit des femmes :

« Défendre les droits des femmes : lutter contre l’islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales ; mettre en place un plan national pour l’égalité salariale femme/homme et lutter contre la précarité professionnelle et sociale. »

Point N°9 / Programme de Marine LE PEN /

L’islamisme, une menace principale pour le droit des femmes ?

Lorsqu’on lit la proposition du FN, on voit que ce parti fait un lien direct entre la religion musulmane et la persécution des femmes. La question c’est, pourquoi ? En effet, dans les familles catholiques intégristes par exemple, il existe une pression énorme sur les jeunes femmes pour qu’elles n’avortent pas même quand elles en ont envie. Les liens très forts entre le catholicisme intégral et le FN semblent conduire ce parti à ne pas défendre les droits de femmes en général, mais plutôt à utiliser le prétexte du droit des femmes pour stigmatiser une partie de la population : les musulman(e)s. Par ailleurs, pour le FN, c’est toujours le fait ou de la faute des étrangers que les femmes sont victimes de violence. La situation d’insécurité de certaines femmes est donc instrumentalisée au profit d’une idéologie xénophobe.

L’égalité salariale, la coquille creuse du féminisme frontiste

En réalité, rien de concret n’est proposé sur cette question. Seulement un « on y réfléchira peut-être ». Marine Le Pen prétend vouloir défendre les femmes, mais elle n’a pas l’air très préoccupée par le fait qu’il y ait beaucoup moins de femmes dans les postes de direction ou que les femmes gagnent en moyenne 23 % de moins que les hommes. Par ailleurs, elle ne propose rien non plus pour aider toutes les femmes qui élèvent seules leurs enfants et vivent dans de vraies situations de précarité. Selon le FN, le  travail des femmes entraînerait le délitement de la cellule familiale, la délinquance supposée des enfants dont les mères seraient absentes du foyer…

Rien sur la question des inégalités Femmes / Hommes

Le FN ne parle pas du problème des femmes battues (en France, une femme meurt sous les coups de son mari tous les 2,7 jours) ni de la culture du viol (trop d’hommes, jeunes comme vieux, continuent de penser que, si une femme se fait violer, c’est qu’elle l’a cherché). C’est lamentable : ça révèle bien que le discours féministe est juste repris dans ses formes, mais cette question n’est clairement pas travaillée. Une bonne part de l’électorat FN est en réalité foncièrement allergique à la dénomination de « féministes » et contre le développement des droits des femmes. Les propos de nombre de cadres du FN, notamment Marion Maréchal-Le Pen, démontrent leur haine du féminisme, notamment contre le Planning familial et le droit à l’IVG en général (soutien aux sites de désinformation comme ivg.net, proximité des militants du FN avec les organisations comme Civitas contre l’IVG etc.).

Quelle image de la femme est défendue par le FN ?

Les femmes, en tant qu’individus, ainsi que ses droits, ne sont pas une priorité pour le Front National. Le FN confère aux femmes un rôle de transmission de l’héritage biologique et culturel.  Les femmes ont pour devoir de procréer et d’éduquer, d’être mère et épouse, de se dévouer à sa famille. Le Front National prône une manière de concevoir le monde ainsi qu’un projet politique opposé aux besoins et aux désirs des femmes contemporaines.

Afin de constater les fantasmes du FN sur la place des femmes dans la société française, il suffit d’aller voir les comptes Facebook du FN consacrés à la question (comme « Les femmes avec Marine ») et, surtout, le compte officiel de Marion Maréchal-Le Pen. On y voit que pour ce parti, le rôle des femmes dans la société est très simple : suivre la mode, élever ses enfants et préparer les repas. On repassera pour l’image d’une femme émancipée qui est égale à l’homme !

D’ailleurs, jusqu’en 2014, Marine Le Pen proposait de mettre en place un salaire parental qui n’était en fait proposé qu’aux femmes pour qu’elles ne soient plus obligées de travailler. Le travail féminin est donc envisagé comme un moyen d’oppression qui détournerait les femmes de leur de mère de famille.

Marine Le Pen et l’avortement, une position ambiguë

En 2012, Marine Le Pen déclarait lors d’une conférence à Sciences po : « Oui au droit à l’avortement, non à celles qui abusent de ce droit (…) et que la communauté nationale ne doit pas prendre en charge ». Pour commencer, rappelons que ce n’est jamais un plaisir pour une femme d’avorter et que « les avortements de confort », ça n’existe pas ! Ensuite, si Marine Le Pen n’a jamais annoncé vouloir supprimer le droit à l’IVG, cette déclaration montre qu’elle serait prête à limiter son remboursement. Cela créerait une inégalité entre les femmes qui auront les moyens d’avorter et celles qui ne l’auront pas. Ce serait aussi une porte ouverte à la suppression totale du remboursement de l’IVG.

Pour plus d’infos :

http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2016/12/14/ivg-ce-que-disait-vraiment-marine-le-pen-en-2012/

Pour conclure, le FN est loin d’être un parti féministe !

Bien que Marine Le Pen ait réussi à adoucir son discours, le FN considère que les hommes et les femmes en raison de leurs différences, n’occupent pas les mêmes rôles et fonctions sociales. Ceci va dans le sens d’une nation envisagée telle un héritage culturel et biologique. Si le FN est un parti résolument anti-féministe, c’est lié au fait que les rapports de sexe et de genre sont envisagés comme des données naturelles sur lesquelles se fonde l’édifice social, entraînant la légitimation d’une société de domination. Et les dominants justifient leur domination par cette « différence » et la « spécificité » des groupes minorisés. Cette différence, qu’elle concerne les femmes ou d’autres groupes, est historiquement et socialement construite, entraînant hiérarchie et division des rôles et des fonctions, et bien sûr, des inégalités de droits. La majorité des propositions du FN en faveur de la famille vont dans le sens de la « préférence nationale ».

Le problème du sexisme n’est pas seulement islamique, ni même religieux, mais social dans son ensemble : il s’agit avant tout, pour lutter pour les droits des femmes, de changer les mentalités. Cela peut passer par des cours sur l’égalité sexuelle aux enfants, la prévention contre le viol auprès des hommes etc. Mais ce n’est absolument pas ce que veut faire le FN, parti fondamentalement réactionnaire. D’ailleurs, à part Marine Le Pen et sa nièce, combien de femmes y a-t-il à la tête du parti ? Il n’y a que 13 femmes sur les 42 membres du bureau politique du parti. Ce n’est donc pas avec le FN qu’on défendra la parité et l’égalité femmes / hommes !

Avec l’arrivée de Marine Le Pen, l’idée est d’attirer davantage de femmes au sein du mouvement. Mettre les femmes en avant est une manière d’atténuer le message. Car, qui mieux qu’une femme est censée connaitre les questions inhérentes à la famille, aux enfants, au social ? Et, ce, toujours dans le but de réassigner les femmes à leurs compétences considérées comme naturelles. 

Machisme et frustration

Machisme et frustration

Aujourd’hui, c’est la journée de la femme. Bien sûr il y a eu des avancées en matière d’égalité femmes / hommes comme la parité sur les listes électorales, la normalisation de l’IVG, un peu plus de femmes dans des postes à haute responsabilité. Malgré toutes ces victoires, il reste encore beaucoup de chemin à accomplir.

Dans nos lycée, les préjugés font que les femmes sont plus guidées vers les filières de type L ou dans les bac pro artistiques et tertiaires. C’est quand même inadmissible que nous, les hommes, soyons considérés comme intellectuellement trop médiocres pour les filières littéraires ! Et on ne parle même pas des inégalités face à la loi, au travaille et dans la vie de tout les jour (pisse debout pour toutes ! :p).

Encore aujourd’hui, on explique à des femmes que si elles ont été violée c’est à cause de leur tenue trop légère ! Actuellement, de nombreux candidats conservateurs désirent encore (derrière les apparences) l’interdiction de l’IVG, la suppression du lanning familial et que la femme reste au foyer toute la journée.

Au 21ème siècle, on comprend mal comment cela peut être possible. Peut-être l’expression de leur frustration personnelle ? Quoi qu’il en soit, cela montre que rien n’est gagné et qu’il faudra toujours se mobiliser pour conserver nos acquis. Mais rien n’est perdu non plus et la journée de la femme ne devrait pas être le seul moment de l’année ou nous parlons des droits des gemmes. Au contraire, dans un réel soucis d’équité, nous devrions en parler est se battre pour tous les jours ! Non au machisme ! Oui à la liberté de la femme !

Allez les frangines osez poser vos ovaire sur la table !

Antonin Almeida

Pour Théo, Adama, Zyed, Bouna et tous les autres

Pour Théo, Adama, Zyed, Bouna et tous les autres

Aujourd’hui, trop de jeunes sont victimes des dérives de la police au quotidien. Parmi eux, nombreux sont des jeunes de banlieue comme Théo, violé, et Adama, mort dans le cadre d’un contrôle de police. Nous devons nous mobiliser pour faire évoluer les mentalités dans la police et son fonctionnement car il n’est pas normal que nous ayons peur de ceux qui sont censés nous protéger ! Les préjugés de la police envers les jeunes doivent cesser, et encore plus pour les jeunes Français issus de l’immigration.

Nos revendications

Réformer le système d’affectation des policiers

Comme dans l’Éducation Nationale, on constate que souvent les policiers les plus jeunes, donc les moins expérimentés, sont balancés dans les endroits difficiles alors que ces quartiers demandent de l’expérience, pour pouvoir faire correctement son boulot et ne pas péter un câble. Cela augmente le risque d’incompréhensions, de préjugés, de contrôles qui dérapent et d’accidents graves. Nous demandons donc une réforme de ce système d’affectation, afin que les policiers les plus expérimentés ou les mieux notés soient affectés là où on a besoin d’eux.

Instauration du ticket de contrôle

Chaque personne contrôlée doit savoir sur quelle base légale elle est contrôlée, pourquoi et de quoi elle est soupçonnée et quels sont les recours possibles. Nombreux sont les jeunes qui subissent plusieurs contrôles par jour, souvent pour des raisons de contrôle à la « tête du client », voir « pour le fun ». Nous demandons à ce que les policiers soient obligés de délivrer un justificatif après chaque contrôle. Ils devront donc toujours donner un motif pour le contrôle, ce qui peut pacifier les rapports entre la police et la population et limitera en plus les contrôles abusifs. Par ailleurs, dans les pays qui ont instauré les tickets de contrôle, on a observé une diminution du nombre de contrôles mais une augmentation de l’efficacité des contrôles.

Meilleure formation des policiers (déconstruction des préjugés, techniques d’interpellation…)

Les policiers qui sont affectés dans les quartiers sensibles viennent souvent d’autres régions de France, plus rurales. Ils ne connaissent donc absolument pas le fonctionnement des banlieues et ont beaucoup de préjugés vis-à-vis des jeunes de quartier. Beaucoup de policiers sont également mal formés aux techniques d’interpellation ce qui les conduit à blesser les personnes qu’ils interpellent (en outre, des techniques d’interpellation que l’on sait mortelles doivent être urgemment interdites, comme l’ont fait d’autres pays).

Pour aller plus loin !

Les policiers, tous des pourris ?

NON. Tous les policiers ne sont pas des racistes au même titre que tous les jeunes de quartier ne sont pas des racailles. Par ailleurs, la police est l’un des corps de la fonction publique où il y a le plus de diversité. Beaucoup de policiers sont donc eux-mêmes victimes de racisme au quotidien et ont été extrêmement choqués par rapport à ce qui est arrivé à Théo. Donc attention à ne pas faire d’amalgame et de ne pas faire le jeu contre lequel on se bat !

Quel est le rôle de la police selon nous ?

Au-delà de protéger les citoyens au quotidien et garantir la sécurité de tous, elle devrait être en dialogue constant avec la population pour pouvoir mener des actions de prévention et désamorcer les conflits avant qu’ils ne dégénèrent. Elle ne doit pas avoir qu’une fonction de contrôle ou punitive.

Pourquoi doit-on se mobiliser pour demander des changements dans le fonctionnement de la police ? 

La police est une institution de la République. Elle doit donc être irréprochable, d’autant plus qu’elle a pour mission d’appliquer et de faire respecter la loi. Il n’est donc plus possible de dire qu’il s’agit de cas isolés lorsqu’il y a dérive. Les faits violents dans la police sont en hausses.

Pourquoi les caméras piétons sont qu’une « mesurette » qui ne change pas le problème ? 

Pour commencer, les policiers peuvent éteindre et allumer les caméras quand ils le souhaitent. Aujourd’hui, elles servent donc plus à incriminer les personnes qu’ils arrêtent. Ensuite, ce n’est pas avec des caméras qu’on luttera contre les préjugés qu’ont les policiers contre les jeunes, en particulier issus de l’immigration ; ou qu’on favorisera des méthodes d’interpellation qui n’entraînent pas la mort.

Qu’est-ce que la politique du chiffre et pourquoi on est contre ? 

Pour attribuer les primes, les gradés de la police s’appuient sur le nombre de personnes mises en garde à vue, le nombre d’interpellations et le taux d’élucidation. Certains policiers préfèrent donc se concentrer sur des délits mineurs faciles à élucider plutôt que de s’occuper de la grande délinquance qui est vraiment problématique mais plus compliquée à élucider. Et il est plus simple d’arrêter un jeune avec un joint…

Pourquoi doit-on se mobiliser pour demander des changements dans le fonctionnement de la police ? 

La police est une institution de la République. Elle doit donc être irréprochable, d’autant plus qu’elle a pour mission d’appliquer et de faire respecter la loi. Il n’est donc plus possible de dire qu’il s’agit de cas isolés lorsqu’il y a dérive. Les faits violents dans la police sont en hausses.