Ce que nous pensons des relations entre la police et la jeunesse

Ce que nous pensons des relations entre la police et la jeunesse

Le 2 février Théo, un jeune de 22 ans, s’est fait agresser puis violer par des policiers lors d’un contrôle. Son seul tort ? Avoir tenté de calmer les esprits lors d’un contrôle préalable auquel il assistait. Au delà d’être horrible, cet acte est inexcusable ! Ll’IGPN n’a pourtant pas retenu la qualification de viol pour ces violences et a préféré celle d’accident.

Une déchirure anale de 10 cm n’est donc qu’un simple accident. Une bavure, rien d’autre. Pourtant des vidéos montrent clairement les policiers matraquer le jeune au sol. Comment alors demander aux citoyens de se comporter dignement et de respecter la loi lorsque ceux chargés de les protéger en veillant au respect de celle-ci n’ont plus à s’y soumettre ? Le comportement de l’IGPN ne fait qu’alimenter cette idée que les policiers ont une impunité totale et peuvent faire ce qu’ils veulent.  C’est inadmissible, la République se doit d’être irréprochable afin d’assurer à tous un cadre de vie sain. Les débordements, quels qu’ils soient ne peuvent donc pas rester impunis.

Depuis 1986 et le décès de Malik Oussekine la FIDL n’a eu de cesse de combattre les violences policières et compte bien poursuivre cette lutte nécessaire à la création d’une société en phase avec les valeurs qu’entend défendre la France. Encore une fois ce sont les habitants des quartiers populaires qui sont victimes de comportements racistes et violents qui les renvoient à une condition de sous-citoyens. Encore une fois la FIDL portera la voix des jeunes issus des quartiers populaires qui subissent régulièrement les violences policières sans jamais pouvoir répondre.

Afin de lutter contre ces violences la FIDL demande :

  • Le retour de la police de proximité, seul moyen de rétablir le dialogue entre jeunes et policiers. Les jeunes ne doivent plus avoir l’impression d’être contrôlés par la police mais bien d’être protégés par celle-ci.
  • Que l’État assure un meilleur contrôle des policiers. Cela nécessite d’une part d’engager la lutte contre les discriminations au sein des forces de l’ordre car celle-ci pâtissent aujourd’hui d’un racisme et d’un sexisme latents. Il est aussi nécessaire de systématiquement saisir l’IGPN en cas de dérapage et il n’est pas admissible que les policiers bénéficient d’une quelconque présomption de légitime défense. Les policiers sont des citoyens et sont donc comme tout citoyens égaux devant la loi.
  • La création d’un ticket de contrôle afin de lutter contre le contrôle au faciès.
Les lycéens demandent justice et vérité pour Théo !

Les lycéens demandent justice et vérité pour Théo !

Alors qu’il se rendait au domicile de sa sœur, Théo, un jeune d’Aulnay-sous-Bois, s’est fait contrôlé par quatre agents de police. Rien d’anormal, en soit, sauf que l’interpellation tourne mal et le jeune est pris à parti par les policiers. Il est victime d’injures et de violences que personne ne devrait avoir à subir. Depuis son lit d’hôpital, il raconte par la suite le calvaire qu’il a du vivre :

« Il [le policier] prend sa matraque et il me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement. […] Dès qu’il m’a fait ça, je suis tombé sur le ventre, j’avais plus de force.  […] Ils m’ont mis du gaz lacrymogènes dans la tête, dans la bouche, un coup de matraque en pleine tête, et moi j’avais tellement mal aux fesses que cette douleur semblait éphémère. […] Mon pantalon était baissé, j’avais vraiment mal. »

Les violences ont été telles que le jeune homme a dû subir une opération et a 60 jours d’incapacité totale de travail. Nous apportons tout notre soutien à Théo et à ses proches. Nous demandons à ce que la famille obtienne le soutien des puissances publiques, en particulier du Ministère de l’intérieur.

La FIDL s’indigne face aux violences policières et à cet acte choquant et monstrueux. Nous vivons dans un pays libre de droit et aucun citoyen n’a à subir des attaques d’une telle gravité, en particulier de la part des forces de l’ordre, qui sont sensées incarner la République et donc avoir un comportement exemplaire.

Les lycéens en ont assez que l’on considère les habitants des quartiers populaires comme des sous-citoyens que l’on peut mépriser, insulter et agresser sans conséquences. Les violences policières comme le contrôle au faciès dont de vrais problèmes qui empoisonnent notre société. Il est urgent de mettre ces sujet sur la table pour trouver une solution si on ne veut pas qu’il y ait de nouvelles victimes, pouvant aller jusqu’à la mort, comme ça a été le cas pour Adama Traoré l’été dernier.

Heureusement, les policiers ont été mis en examen et suspendu de leur fonction. Mais cela ne suffit pas. Il n’est plus possible que certains policiers, qui sont sensés représenter l’ordre et la sécurité, sèment le désordre et l’insécurité. Il faut réfléchir à de nouvelles techniques d’interpellation et à une nouvelle organisation de la police pour s’assurer que les policiers adoptent un comportement exemplaire et qu’il n’y ait plus aucun dérapage.

Les lycéens de Normandie mobilisés contre les caméras de surveillance !

Les lycéens de Normandie mobilisés contre les caméras de surveillance !

Argumentaire :

Pourquoi s’opposer aux caméras dans les lycées ?

Depuis plusieurs années, et en particulier depuis les attentats, plusieurs Présidents de région proposent d’installer des caméras de vidéo-surveillance dans les lycées. Alors qu’ils prétendent que c’est pour des questions de sécurité, on peut dire que c’est plutôt une proposition inefficace qui est utilisée pour instrumentaliser les jeunes afin de gagner les élections.

Ce qu’on entend dans les médias…

« Les caméras permettent d’empêcher les intrusions dans les lycées »

FAUX : Les écrans de vidéo-surveillance sont situés dans la loge. Mais le gardien n’est pas formé pour regarder ces vidéos et surtout il a beaucoup d’autres choses à faire. Une personne extérieure au lycée peut donc rentrer quand il a le dos tourné. Par ailleurs, quand on veut vraiment rentrer dans l’établissement, on trouve toujours un moyen de le faire.

« Les caméras permettent de protéger contre la violence »

FAUX : C’est vrai que lorsque tout le monde sait qu’elles existent, les caméras peuvent dissuader les auteurs de violence d’attaquer leur victime. Mais beaucoup de formes de violence ne sont pas visibles sur les caméras (insultes, harcèlement, racket…). Et surtout, lorsqu’il y a des caméras, les CPE et les surveillants ne s’intéressent plus à ce qui se passe à proximité du lycée. Il y a donc plus de risque de se faire agresser à la sortie des cours sans personne pour s’interposer.

« Les caméras empêchent les vols »

FAUX : L’image sur les caméras est de très mauvaise qualité. Dès qu’il y un peu de monde ou qu’il nuit, elle ne permettent donc pas d’identifier l’auteur d’un vol.

 Mais alors, à quoi servent vraiment ces caméras ?

• « Depuis quand les caméras protègent ? Elles servent à filmer, pas à nous protéger ! »

L’objectif indirect des présidents de région, c’est de remplacer l’homme par la machine : installons des caméras comme ça on pourra supprimer des postes de surveillants. Mais en réalité, si on veut lutter durablement contre la violence, il faut mener des actions de prévention. Notre objectif, c’est pas seulement d’identifier l’auteur d’un acte de violence Après qu’il ait attaqué sa victime ou alors de déplacer la violence à l’extérieur du lycée là où il n’y a plus de caméras. Notre objectif, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de violence du tout. Et pour ça, il faut plus de moyens humains dans les lycées !

• Des millions d’euros gaspillés !

Le prix d’une caméra varie entre 3 000 et 20 000 euros. Si l’on compte le fait qu’il faut en mettre plusieurs ainsi qu’installer les câbles, les écrans etc, on arrive très vite à 80 000 euros dépensés par lycée. Pour la région Normandie, Hervé Morin prévoit d’utiliser 2 Millions d’euros pour acheter des caméras… alors que beaucoup de lycées auraient besoin d’être rénovés ! Ça fait quand même cher, pour transformer les lycées en prison et dégoûter les lycéens d’y aller.

• Donner l’impression qu’on agit alors qu’on ne résout en réalité aucun problème !

C’est facile d’annoncer que l’on va investir dans des caméras de surveillance, soi-disant pour protéger les lycéens. Mais est-ce que les présidents de région proposent aussi des plans d’action pour lutter vraiment contre la violence dans lycées ? On nous parle de protection contre les attentats, mais est-ce que l’installation de quelques caméras est vraiment une réponse à la menace terroriste ? La plupart des lieux qui ont subit une attaque étaient équipés de systèmes de surveillance qui n’ont pas empêchés qu’il y ait des centaines de victimes.

Pour conclure…

Il est donc temps de demander aux Présidents de région d’investir vraiment pour notre avenir au lieu de gaspiller de l’argent public qui vient des impôts payés par nos parents. Pour améliorer la situation dans nos lycées, il vaut mieux promouvoir le vivre-ensemble et nous aider à trouver un avenir professionnel. 

Lycéen mort à Paris : Réagissons !

La FIDL, le syndicat lycéen, apprend avec effroi qu’un lycéen a été poignardé devant son lycée à Paris. Les lycéens condamnent cet acte et apportent tout leur soutien à la victime et à ses proches. Par ailleurs, cet événement rappelle douloureusement l’agression d’il y a quelques mois à Villefranche-sur- Saône, où une élève de 1 ère avait été, elle aussi, poignardée devant son établissement.

Le syndicat rappelle que le lycée doit être un lieu de paix qui promeut le vivre-ensemble. Cet acte de violence traduit, une fois de plus, un réel malaise dans la microsociété qu’est le lycée. Il relance le problème du manque de moyens humains pour encadrer les lycéens et assurer une cohésion au sein du lycée.

La FIDL demande à ce que les pouvoirs publics, et notamment le ministère et les régions, prennent leurs responsabilités, et consacrent plus de moyens pour lutter contre les violences dans les lycées. Au lieu d’installer des moyens de surveillance coûteux et inutiles, la FIDL demande à investir dans la prévention et la sensibilisation, en particulier en soutenant les organisations de jeunesse qui travaillent sur ces sujets. 

Ouverture d’APB: la FIDL demande plus d’accompagnement !

Ce vendredi 20 janvier 2017 a été marqué par l’ouverture d’APB, le système d’affectation post bac, qui est sujet à débats depuis sa création. La FIDL, le syndicat lycéen, souhaite tout d’abord rappeler que des améliorations ont été apportées depuis l’année dernière, en particulier depuis la publication d’une partie de la formule expliquant le fonctionnement du programme. Cependant, ces efforts restent insuffisants.

La FIDL dénonce le manque d’accompagnement pour l’utilisation d’APB. Ce programme offre une palette très vaste de filière, rendant l’orientation effrayante et complexe, en particulier pour les lycéens issus de familles qui n’ont pas fréquentées le monde de l’enseignement supérieur. Trop de jeunes se retrouvent dans une situation d’incompréhension et de stress qui nuit à leur réussite et qui a des conséquences néfastes sur leur choix d’orientation, pourtant déterminant pour son avenir.  

 C’est pourquoi, la FIDL demande : 

  • Une réelle préparation dès la 2nde à l’utilisation d’APB ainsi qu’une meilleure formation pour les professeurs.
  • Une généralisation des interventions d’étudiants ou de travailleurs pour aider les lycéens à construire leur projet professionnel.
  • La possibilité de faire des stages à l’université ou dans le monde professionnel en filière générale.
  • Plus de places pour les lycéens professionnels dans les BTS et DUT.
  • La création de passerelles entre les différentes filières pour faciliter les réorientations.

La FIDL rappelle que garantir une orientation réussie pour tous les lycéens est la clé pour lutter contre le décrochage scolaire. À l’heure où la situation des jeunes non diplômés se dégrade de plus en plus, l’école de la République se doit d’aider tous les lycéens à construire leur orientation, en particulier ceux qui sont le plus en difficulté. 

10 000 jeunes de moins dans le public : la FIDL tire la sonnette d’alarme !

La FIDL, le syndicat lycéen, est inquiète face à l’augmentation du nombre d’élèves dans les établissements privés sous contrat pour l’année 2016, tendance qui s’étend sur plusieurs années. Cette hausse significative traduit un manque de confiance de la part des parents dans l’école publique. 

La syndicat explique ce phénomène par un manque de moyens dans les établissements publics, ce qui altère leur image. Les suppressions de postes et réductions budgétaires des quinquennats précédents ont dégradé les conditions d’éducation. Ils ont notamment conduit à une augmentation du nombre d’élèves par classe ainsi qu’une augmentation du nombre de professeurs non remplacés. Les mesures prises par le gouvernement actuel ne sont pas encore à la hauteur des enjeux.  

Les lycéens rappellent leur attachement à l’offre d’une éducation de qualité partout et pour tous. Cette tendance ne doit pas se poursuivre car elle conduirait à terme à la séparation des élèves en fonction de leurs moyens. 

La FIDL appelle le candidat à la présidentielle, François Fillon, à revoir son programme car une nouvelle politique de suppression de postes de fonctionnaires amènerait à une poursuite de la dégradation de l’image du service public. La FIDL interpelle la ministre de l’Éducation nationale sur la question des zones d’éducation prioritaires : il faut conserver des moyens supplémentaires pour les établissements en difficulté afin d’accompagner tout le monde vers la réussite !